La lumière du lotus. À méditer: le lotus pousse dans la boue et émerge pure, sans tâche…

Est-il trop tard pour vous souhaite bonne année? Je suis encore à faire le bilan de 2018 et à contempler la page blanche qu’est encore 2019.

Ellen Goodman a écrit : « nous passons le mois de janvier à marcher à travers nos vies, pièce par pièce, en décrivant une liste de travaux à faire, de fissures à réparer. Peut-être que cette année, pour équilibrer la liste, nous devrions marcher à travers les pièces de nos vies…en ne cherchant pas les défauts, mais le potentiel. »

Quelle merveilleuse idée!

L’année 2018 a tiré sa révérence. Quelle année! Une année de petits et grands deuils. Je suis encore dans le processus d’assimiler les conséquences des évènements de cette année : l’AVC en fin de mars qui m’a foudroyé, décès de ma cousine et grande amie Sylvie à la fin novembre et cancer du sein de ma mère. Les grands deuils c’est dire adieu à Sylvie qui partageait ma vie au quotidien depuis plusieurs années et en était témoin. Nous avons marché Compostelle ensemble, nous avons ri, pleuré et discuté de tout et de rien. Les petits deuils c’est d’accepter que mon corps n’est plus pareil avec le côté gauche engourdi probablement pour toujours; c’est dire au revoir à 5 groupes (55 élèves) qui suivaient les cours de yoga le soir, pour plusieurs depuis longtemps.

Ces évènements ont aussi apporté une sagesse plus approfondie et un sentiment de gratitude face à la vie et à tous ceux qui m’ont entourée cette année. Paul, mes enfants, ma famille, mes amis ont été présents pour m’accompagner, me supporter, m’encourager. J’en suis très reconnaissante. Rufus, mon beau caniche royal m’a réchauffé les pieds et l’âme en se collant sur moi tout le temps! Quelle fidélité! Et que dire des sourires et des câlins de Sacha mon petit-fils de 18 mois! Mon cœur a fondu tellement de fois et a été conquis par ce petit être à l’âme pure.

J’apprends donc présentement au quotidien le non-contrôle, le lâcher-prise et l’impermanence de la vie. Avant Noël, mon frère Roger m’a envoyé un courriel avec un texte que je lui avais envoyé plusieurs années auparavant et qu’il lit au moins une fois par semaine. En voici une traduction libérale; le texte est de Charles Swindoll.

« Le plus longtemps je vis, le plus je réalise l’impact de l’attitude sur la vie. L’attitude, pour moi, est plus importante que les faits. Elle est plus importante que le passé, que l’éducation, l’argent, les circonstances, les échecs, les succès, les pensées et les actions des autres. C’est plus important que l’apparence, nos dons, nos habilités. L’attitude va être le succès ou l’échec d’une compagnie, d’une communauté, d’une famille. Ce qui est remarquable c’est que nous avons le choix tous les jours de l’attitude que nous allons choisir dès maintenant. Nous ne pouvons pas changer notre passé, ni le fait que les gens agiront d’une certaine manière. Nous ne pouvons changer ce qui est inévitable (la mort, la maladie). La chose unique que nous pouvons faire est de jouer sur la seule corde que nous avons, et cette corde c’est l’attitude. Je suis convaincue que l’attitude nait de 10% de ce qui m’arrive et de 90% de ma réaction à ce qui m’arrive. Nous sommes responsables de notre attitude. »

Je réalise que les évènements inévitables que la vie a apportés en 2018 (et honnêtement il y en toujours!) ont accentué un sentiment de peur : peur de perdre ma vie, peur de perdre le contrôle de mes facultés mentales et physiques, peur de perdre l’affection et l’amour de ceux que j’aime.

Quand la peur nous guide, nos vies se rétrécissent. Je dis nous, car suis-je seule à vivre ces peurs? La clé, c’est de se souvenir. Méditer c’est en quelque sorte reconnaître (se souvenir) que le fait de vieillir est un privilège, et il peut être savouré. Méditer c’est prendre le thé avec nos démons pour faire la paix avec eux. Cette paix qui apporte équanimité et stabilité. Méditer c’est développer une qualité de présence à soi avec bienveillance. C’est reconnaître les causes de la souffrance et lâcher-prise.

Le maître bouddhiste Thich Nhat Hanh a une version des cinqs manières de se souvenir enseignés par le Bouddha, qu’il répète chaque jour (il a 90 ans et depuis deux ans il est en fauteuil roulant suite à un AVC) :

1. Ma nature humaine est de vieillir. Il n’y a aucun moyen d’éviter la vieillesse.

2. Ma nature humaine est de devenir malade. Il n’y a aucun moyen d’éviter la maladie.

3. Ma nature humaine est de mourir. Il n’y a aucun moyen d’éviter la mort.

4. Tous ceux que j’aime sont de nature à changer. Il n’y a aucun moyen d’éviter d’être séparé d’eux.

5.Mes actions sont mes seules possessions. Je ne peux éviter les conséquences de mes actions. Mes actions sont le roc sur lequel je me tiens debout.

Le Bouddha a enseigné de regarder au cœur de notre souffrance directement au lieu d’essayer de la cacher ou de la fuir. C’est de cette pratique qu’il est question ici. En lisant ça, une partie de mon mental se révoltait : ‘Pas vrai! Je peux bien manger, faire de l’exercice, méditer et vivre vieille sans être malade! Je peux contrôler!’ La sagesse répond: ‘Ah oui? Pourquoi as-tu fait un AVC d’abord? ‘ Le mental contrôlant : ‘Parce que j’écoutais pas mon corps! Des émotions non résolues!’ La sagesse : ‘Vraiment? Tu en connais des personnes sans squelettes dans leur placard? Sans histoires du passé totalement résolues? Sans peines? Sans hontes? Sans faiblesses? Sans erreurs? Avec une vie parfaite entouré de gens parfaits? Bienvenue sur facebook ou instagram! C’est virtuel! Faux!’

Ahhhhh! J’expire! Je me détends. Et je recommence, encore et encore….Je me souviens. Plus je pratique, plus je me présente sur mon tapis de yoga, mon coussin de méditation, plus

Mon babillard inspiration pour rester dans le chemin en 2019!

je me souviens!

Le poète et philosophe John O’Donohue a écrit ce magnifique poème :

AT THE END OF THE YEAR

As this year draws to its end, We give thanks for the gifts it brought And how they became inlaid within Where neither time nor tide can touch them.

Days when beloved faces shone brighter With light from beyond themselves; And from the granite of some secret sorrow A stream of buried tears loosened.

We bless this year for all we learned, For all we loved and lost And for the quiet way it brought us Nearer to our invisible destination.

Alors en ce début du chapitre 2019 pour chacun de nous, je nous souhaite la devise ‘je me souviens’, pour ne jamais oublier ceux qui ne sont plus là mais qui restent vivants dans nos cœurs. Je nous souhaite des ‘je me souviens’ que la communication, le pardon, l’espoir, la bienveillance et l’attitude sont plus forts que tout.

Que notre intention sincère de progresser sur notre chemin de vie nous guide vers notre destination invisible.

Que la vie vous soit douce,

Namaste,

Dominique xx